enfermements – ASSOCIATION TARDIGRADA / La Buerie Permanence Bibliothèque Taverne TOUS LES JEUDIS de 18H à 22H Wed, 23 Sep 2026 17:46:30 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.2 /wp-content/uploads/sites/11/2026/09/cropped-logo-1-32x32.jpeg enfermements – ASSOCIATION TARDIGRADA / 32 32 ATTAQUE & FERMETURE DE NOBLOGS -AUTISTICI/INVENTATI /2026/09/23/attaque-fermeture-de-noblogs-autistici-inventati/ Wed, 23 Sep 2026 17:46:30 +0000 /?p=3818 Lire la suite Lire la suite

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Après plus de 15 années de publication sur l’actualité politique et sociale, tardigrada.noblos.org n’existe plus.

Est ce une décision définitive ou temporaire? Ou vont donc disparaître toutes nos données, nos lectures, une histoire des luttes pleine de liens camarades, d’outils, de lectures et autres ressources féministes, antiraciste, anticarcérale si nécessaire.

Nos moyens de communications sont clairement en danger. Il semble impensable qu’ils soient censuré puis qu’ils disparaissent dans le silence et la discrétion le plus totale.

à lire : Défendons Autistici/Inventati avant le 25 septembre

Les États-Unis attaquent Autistici/Inventati (un équivalent italien de Riseup et hébergeur de noblogs.org) en les qualifiant d’organisation terroriste internationale. https://paris-luttes.info/defendons-autistici-inventati-avant-le-25-21092

Pour info, Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux.


Noblogs : « Connecting radical people. Non commercial, antifascist, antisexist, privacy-oriented blog platform »


Autistici/Inventati, un fournisseur associatif italien de services numériques, et soutien des luttes de gauche, vient d’être sanctionné par les États-Unis. L’hébergeur n’a enfreint aucune loi en Italie, mais s’est retrouvé dans le viseur de Trump.

Article d’Emma Bougerol publié le 3 septembre 2026
publié sur basta média.

L’hébergeur indépendant Autistici/Inventati, abrégé A/I, ne choisit pas ses « clients » pour leur portefeuille mais pour leurs idées. Depuis sa création en 2001, l’organisation a une politique stricte : elle n’aide que ceux qui se considèrent antifascistes, antiracistes, antisexistes et antimilitaristes. « Dans notre port, nous n’offrons notre protection qu’à ceux qui osent braver ces vents de haine qui, malheureusement, soufflent sur toute l’Europe », lit-on dans leur présentation. L’organisation propose à des groupes militants d’héberger boîtes mail, listes de diffusions, sites web et autres services de communication pour assurer leur confidentialité et ainsi les protéger.

A/I a également choisi de travailler avec des organisations outre-Atlantique. Le Salon du livre anarchiste de Seattle, par exemple, héberge son site grâce à l’organisation italienne. Le 26 août, l’organisation de l’événement publie sur son compte Bluesky un avertissement : bientôt, leur site pourrait être inaccessible.

Ce jour-là, l’administration du président Trump a décidé que ce petit hébergeur alternatif italien était désormais considéré comme une « organisation terroriste internationale » par les États-Unis. Le collectif A/I rapporte à Basta ! avoir appris la nouvelle par des articles dans les médias. Il ne s’y attendait pas : « On ne pensait pas être aussi importants. »

Dans le communiqué publié le même jour, le Département d’État reproche à l’hébergeur de fournir ses services à des groupes anarchistes, d’extrême gauche et antifa partout dans le monde, ainsi qu’à des organisations étrangères désignées comme terroristes par les États-Unis. « Il s’agit d’une décision de censure grave et inédite », a réagi La Quadrature du Net, une association française de défense des libertés numériques.

Dans le viseur de Trump

Le 22 septembre 2025, le président des États-Unis avait désigné la « mouvance antifa » comme organisation terroriste. Elle est vue, par le pouvoir trumpiste, comme un bloc homogène et organisé. Pam Bondi, alors procureur générale des États-Unis, promettait même en octobre 2025 de « détruire l’organisation entière du sommet à la base », citait le journal Le Monde.

En réalité, « les antifas sont très peu structurés, sans hiérarchie, statut ou organisation précise, écrivait le chercheur Mario Del Pero dans The Conversation en 2020, à propos du contexte états-unien. Le terme renvoie plus à une nébuleuse qu’à une association : un réseau souple de militants, partageant une philosophie générale, essayant parfois de coordonner leurs activités, mais opérant généralement de manière spontanée, réactive et à un niveau très local. »

Mais en juin dernier, les premières condamnations liant l’« idéologie antifa » et le terrorisme ont eu lieu au Texas : un procès pour des faits survenus lors d’une manifestation à l’extérieur d’un centre de détention pour immigrants, où une personne a tiré sur un policier (les circonstances sont débattues par les parties).

Une infrastructure peut désormais être qualifiée de « terroriste »

Au cours de l’audience, les procureurs ont soutenu que le groupe de personnes de tous âges, unies par des convictions politiques de gauche et progressistes, constituait une « cellule antifa du nord du Texas ». En plus de la personne condamnée à 100 ans de prison pour tentative de meurtre, d’autres militants d’extrême gauche ont écopé de lourdes peines basées sur des charges terroristes, notamment d’avoir « apporté un soutien matériel à des terroristes ».

C’est sur ce dernier point que l’administration Trump s’est basée pour qualifier l’organisation italienne de « terroriste ». Autrement dit, fournir des services numériques ou une aide quelconque à des personnes considérées comme « antifa » par Washington vaut d’être qualifié de terroriste à son tour. Résultat : Autistici/Inventati a été inscrite sur la liste de sanctions de l’OFAC, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers, qui gère et applique les sanctions économiques et commerciales décidées par les États-Unis. Les organisations, banques, fournisseurs et autres entreprises qui travaillaient avec A/I et qui sont basés aux États-Unis ont jusqu’au 25 septembre pour cesser tout lien avec l’association italienne.

« Les États-Unis ne visent pas une organisation opérationnelle, mais une infrastructure, analyse le chercheur Beniamino Irdi, interviewé par Decode 39. Il s’agit d’un élargissement du champ d’application des contre-mesures aux services techniques et aux infrastructures susceptibles d’être utilisés par des acteurs jugés dangereux. L’élément essentiel réside toutefois dans le principe qui est ainsi établi : l’infrastructure elle-même peut devenir l’objet d’une contre-mesure. »

« Ça pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous »

« Ça fait peur. C’est basé sur une décision d’un président qui se lève du mauvais pied, sans décision de justice. Il n’y a presque rien qui permette à une structure comme A/I de contester une décision comme celle-ci… À part peut-être aller au tribunal aux États-Unis », réagit, du côté français, Martin, membre du Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires, ou Chatons. « C’est une décision administrative complètement arbitraire », s’inquiète-t-il.

Avant même le 25 septembre, les conséquences pour l’hébergeur indépendant et celles et ceux qui l’utilisent sont déjà nombreuses. Le site web de l’organisation, autistici.org, n’est plus accessible depuis le 28 août. Selon La Quadrature du Net, ce nom de domaine « a été suspendu par le Public Interest Registry (PIR), l’organisme américain qui gère les noms de domaines en .org. Cela empêche ainsi les utilisateur·ices d’accéder à leurs mails et aux services fournis par A/I. »

L’entreprise de paiements en ligne PayPal a bloqué leur compte. Leur banque italienne, Banca Etica, une banque coopérative, a déjà annoncé suspendre leur compte courant par peur de faire l’objet de « sanctions secondaires » et demande une réaction des institutions italiennes et européennes pour s’assurer de leur protection si elle venait à réactiver le compte.

Mais le collectif A/I n’attend pas grand-chose de l’Italie, gouvernée par l’extrême droite de Giorgia Meloni. Ses membres constatent un climat national en leur défaveur. « On est effarés, confie de son côté Martin. Ça pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous. » La logique adoptée par l’administration américaine de qualifier de « terroriste » une organisation sur la seule base de la fourniture de services à des groupes considérés arbitrairement comme terroristes par les États-Unis peut toucher tout le monde. La décision, complète la Quadrature du Net, « constitue un précédent dangereux pour tous les collectifs et personnes qui construisent chaque jour des communications respectueuses de la vie privée et s’affranchissent des États et du Web centralisé ».

Martin explique aussi que le problème est bien plus profond. « Cela fait longtemps que nous avons des discussions dans le monde du libre sur le pouvoir que les États-Unis ont sur Internet et la manière dont ils gèrent leurs opposants, souligne le membre du collectif Chatons. Le fait que les États-Unis, en appuyant sur un bouton, peuvent désactiver une structure qui pourtant respecte les lois dans son pays, c’est inquiétant. »

Sur simple décision unilatérale, le pays de Donald Trump pourrait décider d’un « kill switch », c’est-à-dire de couper l’accès d’un ou plusieurs pays à ses services en ligne. « Ce blocage démontre la dépendance technologique et politique vis-à-vis des États-Unis », pointe aussi la Quadrature du Net.

« Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre »

« Si le technofascisme se renforce aux États-Unis, le pays peut couper des accès à des pans complets de l’économie », craint Martin. Même si le terme de « souveraineté numérique » revient souvent dans les discours politiques ces dernières années, en France comme au niveau européen, l’Europe reste largement dépendante des technologies étasuniennes. « La Russie ou la Chine ont des réseaux internet qui peuvent fonctionner presque totalement en autonomie, indépendants des États-Unis, qui peuvent réagir en cas de gros coup dur… Côté européen, on ne peut pas du tout faire ça », complète Martin.

Concernant le cas d’Autistici/Inventati, le temps se réduit avant l’application stricte des sanctions américaines. Dans une lettre ouverte, les soutiens de l’organisation – des bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles – appellent à la révocation ou à la révision de la décision de sanction, à ne pas faire de l’anonymat ou de la confidentialité des échanges en ligne une preuve d’intention terroriste, ou encore à une réponse publique des institutions. Le but de la décision de Trump « c’est l’isolation, écrivent-ils. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. »

Le collectif A/I est reconnaissant envers les nombreux témoignages de solidarité et les propositions d’aide venus du monde entier, « y compris de la France », précise-t-il. Pour les aider, il faut garder un œil sur le site miroir de celui qui a été supprimé, inventati.org, ainsi que sur leur blog. « Nous travaillons actuellement sur différentes propositions qui seront rendues publiques et diffusées, disent ses membres. Ceux qui souhaitent nous aider n’ont donc qu’à rester à l’écoute. » Face à son avenir incertain, Autistici/Inventati a un dernier message à adresser, formulé comme un souhait pour le futur : « Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre. »

LIENS

- L’article de Nantes indymédia
- le blog d’Autisctici, Cavallette pour suivre leurs actualités
- La lettre de soutien de la Quadrature du net

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Chroniques à Mer # 32 : Jusqu’à les retrouver. /2025/06/16/chroniques-a-mer-32-jusqua-les-retrouver/ Mon, 16 Jun 2025 07:46:16 +0000 /?p=2935 Lire la suite Lire la suite

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Bonjour à tou·tes et à tous

Voici le 32ème épisode de Chroniques àMER, où s’expriment des proches de personnes disparu·es en mer.

Écoute en suivant ce lien: https://www.jetfm.fr/vendredi-11-novembre-episode-16-imaginaires-sans-frontieres/#Mercredi_11_juin_2025_Jusqua_ce_quon_les_retrouve_1

et téléchargement ici: https://www.canalsud.net/spip.php?article6301

Cette émission fait suite à celle que nous avions fait il y a plus d’un an sur les naufrages invisibles, ces bateaux qui disparaissent avec tou·tes leurs passagers sans laisser de trace.

Si nous avertissons toujours que la situations aux frontières est dure et violent et que certaines des histoires racontées peuvent être difficiles à entendre. C’est particulièrement le cas aujourd’hui.

Il y a bien des façons de disparaître sur la route, en mer comme à terre:

– Corps et âmes dans un naufrage invisible.

– Emprisonnées, souvent des années, sans pouvoir donner de nouvelles à l’extérieur.

– Il y a aussi ces corps qu’on retrouve et peine à identifier.

L’autre conséquence de la disparition c’est l’absence, c’est le vide laissée, c’est le doute de savoir si l’être cher est vivant ou mort.

Alors, il y a les proches, famille, ami·es, aimé·es qui cherchent, espèrent et attendent. Qui luttent sans relâche pour la justice et la dignité. Et puis, il y a des militant·es, d’Alarmphone et d’ailleurs, qui les accompagnent dans leurs recherches et leurs combats.

Ces témoignages sont précieux, aussi intimes que politiques, dans ce qu’ils racontent de la politique de mort aux frontières de l’Europe. La disparition forcée de personnes est un crime contre l’humanité. Pour que ces récits aient toute leur place, nous avons décidé de vous les faire entendre en deux épisodes successifs, ce mois-ci et le mois prochain.

Dans cet épisode, vous pouvez entendre :

Rien qu’une fois faire des vagues d’Anne Sylvestre
Lettre à la République de Kerry James
Non sciamo pesci de Chris Obehi
Et si tu n’existais pas de Camélia Jordana

Merci à tous.tes celleux qui ont rendu cette émission possible.

Bonne écoute !
Main sur le cœur et poing levé.

Pour en savoir plus sur l’Alarm Phone et les politiques de frontières maritimes européennes, vous pouvez consulter le site d’AlarmPhone et celui de Watch the Med.

Pour nous contacter, vous pouvez écrire à : chroniques_a_mer@riseup.net

L’équipe de Chroniques à Mer.

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Chronique d’un camarade – invitation à une journée Sexualités et Handicaps? /2024/09/12/such-sexualite-handie-un-tabou/ Thu, 12 Sep 2024 04:57:22 +0000 /?p=2740 Lire la suite Lire la suite

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Une énième journée Sexualités et Handicaps est organisé quelque part en fR à l’autonome.
Chronique d’un camarade
Tellement mais tellement triste que des événements avec pour thématique « Sexualités et Handicaps » continuent de se faire (sans parler du fric consacré).
Ça fait 15 piges que des militant-es autonomistes handi-es s’égosillent à demander aux valides d’arrêter de rendre spectaculaire nos sexualités. Il n’y a pas plus écran de fumée que prétendre militer pour un quelconque « droit » à la sexualité : ça permet de mettre de côté nos autonomies les plus basiques pour vivre au quotidien. Ça fait 15 piges que nous rédigeons, nous publions, nous débattons, nous militons face à l’obsession validiste de décortiquer nos sexualités sous couvert d’être nos sauveur-euses altruistes. Pourtant nous en sommes toujours à des niaiseries comme « Oui mais la misère sexuelle des handi(e)s il faut en parler ! ». Mais regardez votre propre misère avant de pointer la nôtre, que vous supposez sans même vivre des relations quotidiennes avec des handi-es. Questionnez vos parts respectives dans le système validiste (vos relations, vos jobs, vos considérations de la non-mixité handie, vos facilitation pour nos autonomies, vos humilités face à notre culture, etc.) plutôt que d’immédiatement plaindre nos sexualités handies.
Le programme de ce colloque est d’ores et déjà effarants de drapeaux rouges. Limite si mon plombier Gérard – mec cishét valide, bien sûr – serait invité pour venir donner son petit avis sur comment & pourquoi les handi-es baisent. Et pour faire bonne figure un petit spectacle « créatif » par-ci par-là, tout « inclusif » avec des handi-es qui probablement dans leur propre quotidien galèrent pour aller à la boulangerie inaccess’ acheter du pain, pour trouver une gynécologue avec un cabinet adapté, pour recruter des auxiliaires de vie non maltraitantes, etc.

Mais bon, parlons encore et encore de sexualité, ça semble faire déplacer des foules depuis toujours. À quand des colloques sur :

  • « Les mecs handis cishét amplement incels et abuseurs sexuels, un fléau mis sous le tapis ? »
  • « Valides, combien avez-vous eu de partenaires éro-sexuel-les handi-es, et pourquoi aucun-e ? »
  • « Combien de colloques faut-il pour changer une ampoule de conscience ? »
  • « Comment dissimuler sa propre paraphilie derrière des discours universitaires ? »
  • « Entre partenaires handi-es, qui fait l’homme et qui fait la femme ? » (Sérieusement, vous imaginez s’il y avait encore de nos jours des colloques / conférences qui en seraient toujours à questionner de la sorte l’homophobie mais de façon pleinement légitime, même considérée philanthrope ?!)
  • « Quelle remise en question des salarié-es des Plannings Familiaux il n’y a pas si longtemps dans la participation à la stérilisation des femmes handi-es ? »
  • « Quelle urgence pour quel avenir : faire intervenir des TDS dans des institutions-taules, ou bien que brûlent les institutions-taules ? Débats en présence de directeur-ices d’institutions grassement financées par le gouvernement »
  • « Quelle justice réparatrice pour les enfants handi-es majoritairement abusé-es sexuellement par leur famille 100 % valide ? »

Presque désolé d’être sec, mais il serait quand même plus que temps de lâcher nos culs et sérieusement mieux se battre pour nos autonomies de tous les jours.

Zig Blanquer
sur le même sujet:
– Harriet de G., 2023 : En finir avec la charité sexuelle
– Zig Blanquer : texte ci-dessous Sexualité handie: un tabou?
– Patty Berne, 2010 : SPEAK By Patty Berne
– Mia Mingus, 2011 : Access Intimacy: The Missing Link
– et il existe d’autres textes si vous preniez la peine d’écouter des handi-es autonomistes plutôt que des incels et des institutionnel-les.

Sexualité handie : un tabou ?

Les sexualités handies seraient un tabou en train d’être levé ces dernières années, disent les médias, l’opinion publique, les politiques et leurs institutionnel-le-s. Un tabou en forme de fourre-tout où d’ailleurs la pluralité vaste et riche des sexualités se retrouve singularisée, « la sexualité » handie agite des questionnements dans tous les sens et veut frénétiquement faire sortir des réponses du fourre-tout.
Sauf que s’il y a un premier tabou ce serait sûrement celui de catégoriser «une sexualité handie». Ce qui est certes pratique pour fabriquer du problème et surproduire une armada de solutions, tout ceci évidemment entre spécialistes qui évaluent et «population» qui quémande. L’assistance sexuelle est typiquement le produit de cette sexualité handie narrée comme problématique, souffrante et à soigner urgemment. Problème unique : une sexualité handie non épanouie, solution rudimentaire : des missionnaires d’épanouissement sexuel institutionnalisé. Tabou levé, affaire classée ?
Affaire stigmatisée. D’un premier non-lieu : il n’y a pas de sexualité handie. Il y a des sexualités, autant que d’individus. Autant qu’il n’y a pas un handicap, mais divers handicaps qui réagissent suivant d’innombrables parcours d’existence.
Ladite sexualité handie est présentée comme un ultimatum à devoir combler de la frustration sociétale, pourtant les sexualités des différents vécus handis sont des multitudes de rencontres inédites. La notion de handicap en France est un tel agencement de contrôle sous couvert de l’organisation au soin, à la rééducation et à l’intégration, qu’il est tristement logique d’y voir attribuer une sexualité spécialisée et assistée plutôt que curieuse et stimulante.
Second non-lieu : s’il y avait sexualité handie, alors – dans les règles de l’art de la binarité fainéante – il y aurait une sexualité valide. Quelle serait sa problématique à elle ? Génitrice de normes de performance en plaisirs inatteignables ? Certes, et renvoyant à la sexualité handie son manque de commodité, de spontanéité, donc d’attractivité, tout en lui assénant d’être hors référence, provenant d’une libido anormale et inquiétante. De quoi bien débander. Ces problématiques ne sont pas fantasques, elles régissent de nombreuses idées-reçues désastreuses. Sauf que lorsqu’on prend la peine – le plaisir ! – de vraiment recevoir les idées-reçues, de se laisser aller à rencontrer autrui (et donc aussi soi-même) au-delà de la binarité moisie, il apparaît évident qu’il n’y a ni sexualité spécifiquement handie, ni spécifiquement valide ; il y a une rencontre intime, érotique, corporelle, donnant lieu à autant de sexualités qu’il y a de désirs et de plaisirs. Jouer sexuellement c’est se créer un petit océan, une fluidité diluée entre des individus, vouloir chercher dans les vagues lesquelles seraient handies ou valides revient à se noyer plutôt que nager.
S’il faut considérer «une sexualité handie», arrêtons peut-être de vouloir solutionner ses possibilités de jouissance/s, écoutons-la plutôt questionner au-delà de ses fesses les accès restreints aux plaisirs : pourquoi les backrooms sont inaccessibles ? Pourquoi les institutions pour handi-e-s en France (où aucune sexualité multiple comme engagée ne peut pleinement s’épanouir) sont plus orientées et financées que la vie à domicile ? Pourquoi les lieux de rencontres basiques (bars, soirées en appartements, évènements culturels, etc.) sont majoritairement inaccessibles? Pourquoi l’éducation sexuelle, la prévention d’IST et les accès aux soins gynécologiques sont minimaux pour la population handie ? Pourquoi les médias et réalisations culturelles n’érotisent jamais des corps handis ? Pourquoi dit-on d’un-e handi-e (d’autant plus psychique) que ses «pulsions» libidinales font peur là où elles existent et s’expriment autant chez des personnes valides ? Pourquoi ne pas s’occuper de l’handiphobie chez certain-e-s travailleur-euse-s du sexe autant que de la  putophobie chez certain-e-s handi-e-s, plutôt que de déblatérer des siècles à la création de « respectables » assistant-e-s sexuel-le-s ? Pourquoi à domicile bon nombre de services d’auxiliaires imposent des horaires
(et des jours de douche, etc.) ne permettant aucune spontanéité et imprévu de vie ? Pourquoi la précarité financière, le haut chômage, ainsi que la faible accessibilité aux transports en commun pour les personnes handies continuent de les cloîtrer à domicile en réduisant des potentielles rencontres ? Des questionnements dont les solutions sont à déployer collectivement plutôt que de claustrer «le handicap» en dèche sexuelle. Il n’y a pas plus de misère sexuelle chez les personnes handies que chez les personnes valides, par contre il y a assurément un discours qui donne l’avantage social à des sexualités plutôt que d’autres, quant à leurs terrains d’expérimentations, leurs estimes sexappealiennes, leurs autonomies de vécus. Considérer «une sexualité handie» continue de façonner un discours dominant où « le handicap » doit être bénéficiaire de solutions spéciales. Aucune sexualité ne nécessite une résolution, un aboutissement, mais bien plus d’innombrables préludes, ardeurs, explorations, vivacités… et infiniment plus si affinité.

Zig Blanquer

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LIBERTÉS PUBLIQUES – Police, justice : qui peut accéder aux messageries privées ? /2024/09/03/libertes-publiques-police-justice-qui-peut-acceder-aux-messageries-privees/ Tue, 03 Sep 2024 11:54:59 +0000 /?p=2736 Lire la suite Lire la suite

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LIBERTÉS PUBLIQUES – Police, justice : qui peut accéder aux messageries privées ?
Jérôme Hourdeaux – 2 septembre 2024 – Médiapart – article complet
Mediapart fait le point sur le droit applicable en matière d’accès judiciaire aux données de connexion ou aux communications échangées via des services tels que Telegram.

S i Pavel Durov, le patron de Telegram, est visé par une douzaine de charges, un élément semble avoir été déterminant dans la décision de la justice française de l’interpeller et de le mettre en examen : « La quasi
totale absence de réponse de Telegram aux réquisitions judiciaires », soulignée en gras dans le communiqué du parquet de Paris diffusé mercredi 28 août.

Comme l’a révélé le site Politico, le refus de la société d’identifier un pédocriminel ayant fait des aveux à des enquêteurs sous couverture semble avoir été déterminant. Mais le problème est plus global. Comme le
rapporte Libération, « la gendarmerie nationale a signalé à elle seule 2 460 procédures, entre 2013 et 2024, dans lesquelles des réquisitions envoyées à Telegram sont restées sans suite ».

Plusieurs voix, comme celle du lanceur d’alerte Edward Snowden, se sont élevées pour s’inquiéter de cette procédure inédite qui menacerait le droit à échanger de manière sécurisée. L’arrestation de Pavel Durov
intervient en effet dans le contexte d’une pression croissante exercée sur les opérateurs pour les contraindre à mieux contrôler les contenus de leurs utilisateurs, quitte à s’attaquer aux outils de chiffrement.
Les enquêteurs ne sont pourtant pas sans moyens. Plusieurs outils sont en effet à leur disposition en matière judiciaire, encadrés par des procédures visant à garantir la vie privée des citoyens. Mediapart a interrogé
deux juristes pour faire le point sur le cadre juridique en vigueur.

L’accès aux données de connexion

Le premier niveau d’intrusion est l’accès aux données de connexion. À l’instar des fameuses « fadettes » en matière téléphonique, elles sont constituées de l’ensemble des données techniques produites par un
échange de messages. Elles peuvent comprendre les adresses IP, permettant de localiser les lieux de connexion, éventuellement la géolocalisation, les numéros de téléphone, la durée des appels ou longueur des messages, éventuellement leur objet…

« Cela ne donne pas accès au contenu des messages, précise Jérôme Bossan, maître de conférences à l’université de Poitiers, spécialisé en cybercriminalité, mais le croisement de l’ensemble des données de connexion
peut entraîner une atteinte parfois très importante à la vie privée. »

La législation française impose à l’ensemble des opérateurs de services de conserver les données de connexion. « Il peut y avoir des réquisitions dès l’enquête et de manière assez simple, poursuit Jérôme Bossan. Elles
peuvent par exemple être demandées par un officier de police en cas de flagrance. Dans le cadre d’une enquête préliminaire, il faudra l’autorisation du procureur, et dans le cadre d’une instruction, celle du juge d’instruction. »

Comment la France contourne le droit européen

En rendant, le 8 avril 2014, son arrêt « Digital Rights », la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a créé un séisme juridique qui, dix ans plus tard, secoue encore le droit français. Dans cette décision historique, la cour a en effet estimé que les obligations de conservation générale et indifférenciée de données de connexion constituent « une ingérence » dans les droits fondamentaux « d’une vaste ampleur et d’une gravité particulière dans l’ordre juridique de l’Union ».

L’arrêt « Digital Rights » a ouvert la voie à une série de décisions visant les législations nationales imposant aux opérateurs une conservation des données de connexion, dont la France, où un grand nombre d’enquêtes reposent sur l’accès aux données de connexion, notamment en matière de stupéfiants. Le Conseil d’État s’est prononcé sur l’application de la jurisprudence de la CJUE en droit français dans un arrêt rendu le 21 avril 2021, qui n’a fait que contourner le problème. En effet, le juge administratif suprême français y reconnaît bien la primauté du droit européen et a ordonné au gouvernement d’abroger l’obligation de conservation des
données de connexion.

Mais, dans le même temps, le Conseil d’État a estimé qu’il existe des circonstances exceptionnelles liées « à la sécurité nationale et à la lutte contre la criminalité » permettant d’écarter, temporairement, le droit européen. Depuis, il suffit au gouvernement de prendre, chaque année, un très bref décret « portant injonction au regard de la menace grave et actuelle contre la sécurité nationale de conservation pour une durée d’un an de certaines catégories de données de connexion », dont le dernier a été publié au Journal officiel le 10 octobre 2023.

Depuis 2021, et en réponse à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, plusieurs textes et décisions de justice ont précisé les conditions d’accès aux données de connexion, comme la loi sur la prévention du terrorisme et le renseignement du 30 juillet 2021, qui a fixé des durées de conservation différenciées pouvant aller de une à cinq années en fonction de la nature de la donnée et de la finalité
poursuivie. Une loi du 2 mars 2022 a également précisé la procédure de réquisition des données de connexion dans le cadre d’une enquête pénale.
Du côté de la Cour de cassation, quatre décisions rendues le 12 juillet 2022 ont précisé les conditions dans lesquelles les procureurs pouvaient accéder aux données de connexion. Et au mois de février 2024, un nouvel arrêt a imposé l’intervention d’une autorité administrative indépendante, et non plus seulement du parquet, pour autoriser la localisation en temps réel des téléphones.

L’interception des communications

Les enquêteurs ont ensuite la possibilité de demander aux opérateurs l’accès aux contenus des messages. « Les interceptions de correspondances sont autorisées dans le cadre de l’instruction préparatoire ou durant l’enquête judiciaire mais uniquement pour la délinquance et la criminalité organisées, précise Jérôme Bossan. Et la jurisprudence reconnaît depuis 2015 que l’interception des correspondances peut viser les messageries instantanées. »

«Une deuxième technique se développe, ajoute le juriste, l’accès à distance aux données de correspondances stockées dans un appareil. Dans ce cas, on n’accède plus aux échanges à venir, mais également à ceux passés, stockés dans l’ordinateur ou le téléphone. L’atteinte à la vie privée est donc encore plus grande. C’est une technique qui est réservée aux crimes et elle doit être autorisée par le juge des libertés et de la détention.»

Le problème de la nationalité de l’opérateur

« L’État français n’a pas le pouvoir de contraindre un opérateur étranger à donner des informations, explique encore Jérôme Bossan. Dans ce cas, il faudra donc passer par des demandes de coopération internationale. »

Or cette coopération n’est pas toujours évidente. « Les enquêteurs se plaignent souvent car l’une des choses auxquelles les opérateurs tiennent, c’est aux intérêts de leurs usagers, poursuit-il. Je n’ai pas connaissance de chiffres exacts sur le sujet. Mais j’ai entendu que la coopération est difficile, principalement en matière de diffamation ou d’injure. Pour des infractions relevant du terrorisme ou de la pédocriminalité, ces sociétés se sont beaucoup fait taper sur les doigts au fil des années. Désormais, elles collaborent plus, même elles semblent investir plus dans la modération interne. »

Les enquêteurs face au chiffrement

Cela fait de nombreuses années que certains responsables politiques, policiers ou magistrats s’alarment du chiffrement croissant des appareils numériques et des communications. Dès 2015, trois magistrats (un Américain, un Espagnol et le Français François Molins, alors procureur de Paris) et le préfet de police de Londres (Royaume-Uni) avaient publié dans le New York Times une tribune au retentissement mondial
affirmant : « Au nom des victimes de crimes dans le monde entier, nous nous demandons si le chiffrement vaut vraiment ce coût. »

Dans le cas des messageries sécurisées, le chiffrement dit « de bout en bout » assure les utilisateurs qu’eux seuls pourront déchiffrer le message. « Or, le prestataire n’a que l’obligation de donner les informations en sa
possession. Il ne peut pas livrer celles qu’il n’a pas », souligne Estelle De Marco, juriste spécialisée en droit pénal et droit du numérique.

Régulièrement, des voix s’élèvent pour demander un affaiblissement des technologies de chiffrement à la disposition des utilisateurs et utilisatrices, par exemple en imposant aux fournisseurs d’installer des « back
doors », des « portes dérobées », dans leurs logiciels ou de fournir les clefs de chiffrement à la police. Des solutions qui auraient pour conséquence de fragiliser la sécurité de l’ensemble des utilisateurs.

« La Cour européenne des droits de l’homme a réaffirmé encore récemment qu’il ne fallait pas toucher au chiffrement, car il s’agirait d’une atteinte disproportionnée à la vie privée, rappelle Estelle De Marco. En France, l’Anssi[Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information – ndlr]partage cet avis et estime qu’affaiblir le chiffrement impacterait l’ensemble des communications, celles des criminels comme celles des autres citoyens.»

« Il existe un projet de règlement européen appelé “Chat control” actuellement bloqué mais qui inquiète beaucoup, reprend Jérôme Bossan. Il vise en effet à imposer aux opérateurs d’analyser les messages  automatiquement pour détecter les contenus pédophiles, ce qui impliquerait de casser le chiffrement. C’est une bonne illustration de la tension existant entre la nécessité de lutter contre certaines criminalités et celle de protéger la vie privée. »

L’obligation de donner ses clés de chiffrement et le code de son smartphone

Si les enquêteurs sont parvenus à mettre la main sur le propriétaire des données chiffrées, ils peuvent exiger de lui son code de déchiffrement. L’article 434-15-2 du Code pénal punit en effet de trois ans  d’emprisonnement et de 270 000 euros d’amende le fait de refuser de donner la clé de déchiffrement d’un logiciel susceptible d’avoir été utilisé pour commettre une infraction.
Longtemps, la justice française a hésité sur le point de savoir si cette obligation incluait le code de déverrouillage de smartphones.

Dans un arrêt rendu le 7 novembre 2023, la Cour de cassation a finalement mis fin à plusieurs années de divergences entre juridictions en affirmant qu’une personne interpellée avait bien l’obligation de fournir aux policiers le code de son téléphone.
Pour Estelle De Marco, le débat juridique n’est cependant pas totalement clos. « Il ne faut pas s’arrêter à la loi française, rappelle-t-elle. Il reste encore les juridictions européennes et certains considèrent que cette mesure reste problématique. Tout d’abord, on accède à l’ensemble des données personnelles de l’appareil alors qu’une partie seulement intéresse les enquêteurs. Ensuite, le fait de permettre le déverrouillage de son propre téléphone peut relever d’une obligation d’auto-incrimination, ce qui est normalement interdit. »


Les enquêteurs ne sont pourtant pas totalement démunis face au chiffrement. Lorsqu’ils mettent la main sur un contenu chiffré, ils disposent d’experts qui pourront tenter de forcer l’accès à celui-ci, regroupés au sein de
l’Office anti-cybercriminalité (Ofac) pour les policiers et le Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend) pour les gendarmes.
Les techniques spéciales d’enquête
Le terme « techniques spéciales d’enquête » a été introduit dans le Code pénal par la loi de programmation et de réforme pour la justice du 23 mars 2019, qui autorise les enquêteurs à y avoir recours en matière de délinquance et de criminalité organisées.
Il s’agit des techniques les plus intrusives, comparables à celles à la disposition des services de renseignement. « Il y a l’accès à distance aux données stockées, la sonorisation, la captation d’images, de données informatiques, l’installation de “keyloggers” qui permettent de voir tout ce que vous faites sur votre appareil… et d’une manière générale, n’importe quel programme, logiciel ou moyen protégé par la défense nationale, détaille Jérôme Bossan. Ce sont des techniques qui relèvent d’une certaine forme de piratage informatique, mais autorisé par la loi dans un contexte particulier et un régime particulier. »

Enfin, les services de renseignement disposent de pouvoirs encore plus larges. La loi sur le renseignement du 24 juillet 2015 a fixé sept finalités autorisant le recours aux outils les plus intrusifs. Celles-ci visent à
protéger « l’indépendance de la nation », « les intérêts économiques » de la France, à prévenir le terrorisme ou encore la criminalité organisée. « Ce sont des formules extrêmement larges qui peuvent être utilisées par exemple contre des militants écologistes, comme on a déjà pu le voir », souligne Estelle De Marco.

De plus, l’activité des services de renseignement est contrôlée non pas par un magistrat judiciaire, mais par une autorité administrative, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNTCR).
En plus des techniques spéciales d’enquête et des divers outils de piratage et d’intrusion, les services de renseignement peuvent demander un accès direct aux données de connexion détenues par les opérateurs. Cet
accès peut même se faire en temps réel dans le cadre de la prévention du terrorisme. Ils peuvent également analyser les données de connexion transitant sur Internet en y installant les fameuses « boîtes noires ».
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Prise de parole au nom de STS* à la manif contre les lois transphobes a Strasbourg dimanche 26 mai /2024/05/27/prise-de-parole-au-nom-de-sts-a-la-manif-contre-les-lois-transphobes-a-strasbourg-dimanche-26-mai/ Mon, 27 May 2024 09:02:21 +0000 /?p=2677 Lire la suite Lire la suite

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Je prends la parole au nom de STS – *Support Transgenre Strasbourg. Cornelia Schneider

Soyons clair-e-s, cette attaque frontale et ouverte contre les droits des personnes transgenres, et contre les Droits Humains tout court, que nous vivons actuellement est une véritable déclaration de guerre, et elle ne s’arrêtera pas là : comme toujours, les fascistes commencent par s’attaquer aux catégories de personnes qu’ils ont eux-mêmes exclues, minorisées et opprimées pour ensuite s’attaquer à la société tout entière : après les transgenres mineur-e-s ce sera au tour des transgenres majeur-e-s et aux intersexes, ensuite à toutes les personnes LGBTQIA+ et queer, ensuite à toutes les femmes, sans oublier bien sûr les racisée-s, les migrant-e-s et les pauvres, et on finira dans pas longtemps là où on en était dans les années ‘40 du siècle dernier : dans un fascisme décomplexé et violent, dominé par le cis-hétéro-patriarcat sexiste, raciste et classiste.
Et ne nous faisons pas d’illusions, ce n’est pas notre gouvernement actuel qui agira contre nos ennemis, bien au contraire : par ses programmes politiques réactionnaires à répétition il encourage justement tous ces fascistes haineux à agir impunément et à vomir leur haine en continu dans tous les grands media nationaux. Compter sur ce gouvernement cynique pour nous soutenir serait une grave erreur. Mais nous avons d’autres allié-e-s.
Nous sommes aujourd’hui ici parce que nous sommes en colère et déterminé-e-s à nous battre, et surtout nous ne sommes pas seul-e-s : nous avons des allié-e-s solidaires qui luttent déjà à nos côtés, et nous en aurons encore plus. Car de plus en plus de gens comprennent que le fascisme est une gangrène qui n’épargnera personne en fin de compte, qu’il finit toujours par tout détruire sur son chemin. Les féministes intersectionnelles et les antifascistes sont déjà en train de se joindre à nous (merci à vous d’être là !), et nous devons renforcer et amplifier ce combat solidaire contre nos ennemis communs. Mais la convergence
des nos luttes ne tombe pas du ciel et ne peut pas se décréter, elle doit se construire horizontalement et dans le consensus de nos convictions pour devenir forte et durable, et chez STS nous pensons que c’est exactement ça le premier travail politique que nous devons faire maintenant.
Afin que non seulement les personnes transgenre puissent enfin vivre au lieu de juste survivre, mais aussi afin que tout ce système politique bâti sur la division, la haine et l’oppression finisse par s’écrouler : il faut que la peur change de camp. Le fascisme est totalitaire, opposons-lui notre combat révolutionnaire et notre projet d’une société différente. Nous n’avons rien à perdre et donc tout à gagner, allons-y, battons-nous ! Parlons de ça dans nos assembléesgénérales, décidons, et agissons.
Merci

 

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Chroniques àMER ! Ep26, Ne rien lâcher! /2024/05/16/chroniques-amer-ep26-ne-rien-lacher/ Thu, 16 May 2024 09:25:22 +0000 /?p=2766 Lire la suite Lire la suite

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Bonjour,
Le nouvel épisode de Chronique àMER l’épisode 26: Ne rien lâcher! vient de sortir. vient de sortir !

Vous pouvez le retrouver en cliquant sur ces liens :

https://www.jetfm.fr/ne-rien-lacher-2/

et le télécharger ici :

http://www.canalsud.net/IMG/mp3/_26-_histoires_positives-2.mp3

On s’est retrouvé.es au mois de mai dans le nord de la France avec une centaine d’autres membres du réseau Alarmphone, pour échanger, pour continuer à réfléchir ensemble à nos stratégies, pour prendre des
décisions et pour plein d’autres raisons. On a profité de ce moment pour enregistrer nos camarades en leur demandant de partager des histoires qui leur donnent de la force.

En écoutant leurs récits, on s’est rendu compte que parfois des histoires qui donnent de la force sont des histoires dures, mais que vu la situation terrible aux frontières, elles restent des histoires qui nous permettent de continuer.

Ce sont les moments d’inattendu, où la situation bascule à l’inverse de ce qu’on s’imaginait. Parfois, c’est juste un message, un appel, une photo, des retrouvailles, des rencontres. Parfois, c’est sentir à quel point la solidarité est puissante.

Sans ces moments d’espoir, le sentiment d’impuissance risque de nous submerger.

On a envie d’entendre d’autres voix que celles qui nous martèlent des propos imbuvables. On a besoin de garder les courts moments de joie et de laisser un peu briller les sensations de soulagement. Car ce sont
aussi toutes ces histoires qui nous permettent de continuer à s’organiser ensemble et à lutter.

Merci à à tous.tes celleux qui ont rendu cette émission possible.

Bonne écoute !
Main sur le cœur et poing levé.

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Chroniques àMER /2024/03/26/chroniques-amer/ Tue, 26 Mar 2024 17:59:48 +0000 /?p=2600 Lire la suite Lire la suite

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Chroniques àMER

Chroniques à MER, c’est une chronique radio mensuelle en français, qui sort la deuxième semaine de chaque mois.

Chroniques à MER, c’est une chronique réalisée par des membres du réseau AlarmPhone, une hotline auto-gérée par des activistes 7/7- 24/24 depuis 2015, pour soutenir les appels des personnes qui sont en détresse sur la frontière méditerranéenne, exiger leurs sauvetages et leurs débarquements dans des ports sûrs.

Chroniques à MER, c’est une chronique d’actualité et d’analyse des frontières et de leurs conséquences, pour raconter ce qui se passe en mer Méditerranée depuis le point de vue de notre travail dans le réseau AlarmPhone.

Chroniques à MER, c’est une chronique courte. Elle est diffusable sur des radios associatives et libres. Elle est aussi disponible sur le site de Canal sud (Toulouse) et de Radio Galère (Marseille).

Parce que des milliers de gens traversent la Méditerranée ;

Parce que la mer méditerranée est une frontière ;

Parce que les frontières perpétuent le racisme et colonialisme ;

Parce que le racisme et le colonialisme tuent.

Parce qu’en 2020, 1760 personnes sont mortes en traversant – 147 personnes par mois, 34 par semaines, près de 5 personnes par jour – et bien bien plus dont on ne sait rien ;

Parce que des histoires existent derrières les chiffres ;

Parce que ces histoires doivent être racontées ;

Parce qu’on ne veut pas oublier ;

Parce qu’on veut continuer à lutter ;

Parce qu’on ne veut pas s’habituer ;

Parce qu’on savait …

Pour nous contacter, vous pouvez écrire à : chroniques_a_mer@riseup.net

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Appel à dons pour alarmphone! URGENT! /2024/02/23/appel-a-dons-pour-alarmphone-urgent/ Fri, 23 Feb 2024 07:04:11 +0000 /?p=2521 Lire la suite Lire la suite

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AlarmPhone a besoin de vous…

Le 11 octobre 2014, nous avons inauguré le réseau AlarmPhone, une ligne téléphonique d’urgence conçue pour assister des personnes se retrouvant en situation de détresse pendant une traversée maritime ou terrestre lors de leur parcours de migration.(https://alarmphone.org/fr/

Après 9 ans d’activité, le nombre de personnes ayant besoin d’assistance ne cesse d’augmenter et, par conséquent, nos frais téléphoniques aussi :
en 2020 : 28900EUR
en 2021 : 54800EUR
en 2022 : 143800EUR

Afin que notre situation financière n’entrave pas notre travail, nous avons décidé de lancer une campagne de dons internationale, à l’occasion de notre 9ème anniversaire.
Nous vous invitons à regarder la vidéo d’explication créée pour cette campagne :
ttps://youtu.be/UYMzhcYLUis

Chaque don peut nous aider à poursuivre notre mission et continuer de répondre au téléphone.
https://www.helloasso.com/associations/alarmphone-solidarite/

ou via PayPal ici : https://alarmphone.org/fr/dons/

Merci de diffuser largement cette campagne à vos proches, aux collectifs intéressés par ces questions, à toutes les personnes qui
pourraient être touchées par cet appel. Merci merci

Vous pouvez suivre :
– notre fil twitter: https://twitter.com/alarm_phone

– notre Instagram :https://www.instagram.com/alarmphoneofficial/

– aller faire un tour sur notre site internet pour y trouver les rapports concernant les différentes régions :
https://alarmphone.org/fr/

– écouter nos podcast en français
https://www.canalsud.net/chroniques-a-mer#pagination_articles

Merci,
Chrisitne pour le réseau Alarmphone

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Un césar d’honneur pour la parole des actrices, par Lola Lafon /2024/02/19/un-cesar-dhonneur-pour-la-parole-des-actrices-par-lola-lafon/ Mon, 19 Feb 2024 08:53:13 +0000 /?p=2577 Lire la suite Lire la suite

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A quelques jours de la cérémonie, pourquoi ne pas remettre un prix à toutes celles qui nous offrent la promesse d’un nouveau récit. Il est temps d’en finir avec cette indulgence pour de pseudos pygmalions qui se rêvent subversifs, des Barbe-Bleue fascinants, quand ce ne sont que les petits chefs d’une entreprise sordide.

On la connaît bien, cette histoire : elles arpentaient les allées d’un supermarché, elles sortaient du lycée, d’un café ou de leur cours de danse et là , un casting directeur les a abordées, c’est ainsi qu’elles ont été repérées. On la connaît tellement, cette histoire : celle de jeunes anonymes qu’un regard
d’adulte révant le au monde, des enfants métamorphosées en actrices. L’histoire du cinéma en est remplie, de ces narrations dont on se repaît : elles n’étaient qu’elles-mêmes. Mais le cinéma rôdait, qui les a flairées et à «déouvertes», pour mieux nous les offrir, se les offrir.

Ce conte, un avant-aprés fantasmatique qui escamote la notion de travail, du métier d’actrice, dit, en substance, qu’une actrice est créée par le désir d’un réalisateur, que ce dernier la fabrique. Et ce conte a été au coeur des rêveries de mon adolescence, comme peut-être de la vôtre. Pas une semaine ne
passait sans qu’on lise dans un magazine le récit de «la» rencontre décisive : Béatrice Dalle découverte dans la rue, Natalie Portman dans une pizzeria, Sophie Marceau, dans une audition qu’elle passait «par hasard», comme, des décennies plus tôt, Lana Turner «trouvé» dans un drugstore. Comme on en révait,
de ce regard d’adulte qui se poserait sur nous, comme on l’attendait, cette validation ; mais quand serait-on enfin élues, sorties de nos vies au bois dormant ?

Repérage, repérée, repérer : verbe transitif :
« apercevoir, distinguer, remarquer parmi d’autres quelqu’un ou quelque chose » Les mots se racontent à qui veut bien les inciser : repérer a pour synonymes «saisir», «borner», «pénétrer». Et cette recherche rituelle de nouveaux visages est «un casting sauvage». De quelle battue, de quelle chasse parle-t-on ?

Si le dictionnaire définit l’acteur·rice comme une personne qui «rêvait un autre caractère que le sien […] et oublie sa propre place, à force de prendre celle d’autrui», l’acteur·rice est également une «personne qui agit».

Alors, action.

Voilà qu’elles inversent les rôles, celles qu’on dévore du regard : ce sont elles qui nous fixent, droit dans les yeux, elles ont des choses à nous dire. Voilà que surgissent des évadées. A qui personne n’écrira leur texte, cette fois-ci. Leur rôle, elles l’ont choisi. Sans doute ont-elles un peu d’appréhension, en coulisses, toutes celles qui, ces dernières semaines, nous invitent à voir ce qui se trouve derrière la porte close. Sans doute
sont-elles justifiées, leurs craintes. Celle de ne pas étre crues.
Celle d’étre balayées comme une rumeur provisoire, un bruit qui court. Celle d’étre reléguées à la cave du cinéma, ou gisent tant d’élues repérées, prises et utilisées avant d’étre effacées, bousillées.

De la possibilité de voir le réel se dédoubler

Dans quelques jours, le 23 février, aura lieu la céeémonie des césars. Si le cinéma est ce bouleversement intime et partagé qui crée, en nous, la possibilité de voir le réel se dédoubler, le désir de se raconter une autre histoire, alors, ce soir-là, il faudrait leur faire une ovation, aux actrices. Il faudrait leur offrir un césar d’honneur, car elles nous offrent, en ce moment, la promesse d’un nouveau récit, c’est un point de départ.

On les imagine arriver du fond de la scéne comme on revient de loin. Des silhouettes connues et des oubliées, figurantes et icônes mélées. Leur visage est nu, beau et marqué, c’est leur vrai visage. Elles forment un horizon et parlent d’une seule voix, celle de toutes, cette histoire est la leur ; et cette histoire est la nôtre, aussi, qui en sommes les spectateur·rice·s.

Certaines parlent haut et fort, d’autres chuchotent. Celles, dans la salle, qui hésitaient encore, se lévent et les rejoignent. En coulisses, elles sont là, les invisibles, techniciennes, maquilleuses, scriptes. Elles sont si terriblement nombreuses au générique…

Qu’on les applaudisse. Et qu’elles ne quittent pas la scéne trop vite. Car il faut les chérir et les remercier, celles qui proposent qu’on se déplace, enfin. Il est temps d’en finir avec nos fascinations vieillottes, cette indulgence pour de pseudos pygmalions qui se rêvent subversifs, des Barbe-Bleue fascinants, quand ce ne sont que les petits chefs d’une entreprise sordide. Comme elle est banale, l’histoire qu’ils s’offusquent de ne plus pouvoir raconter aujourd’hui, celle de leur jouissance à dominer, un récit dont ils se veulent les seuls et uniques narrateurs.

Il y a quelques semaines, au détour d’une ruelle parisienne, j’ai vu ces quelques mots inscrits sur un mur : «It was never too late.»
Une phrase énigmatique, pleine d’espoir et troublante, aussi, car elle interroge nos choix, ce qu’on fera ou pas du futur : «il n’a jamais été trop tard».

chronique de lola lafond
https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/un-cesar-dhonneur-pour-la-parole-des-actrices-par-lola-lafon-20240216_PGZSETBHVJB3VHIELHYSLSGROQ/

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NON AUX LOIS RACISTES! NON AUX FRONTIÈRES! SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN! /2023/12/21/stop-au-massacre-a-gaza/ Thu, 21 Dec 2023 10:52:49 +0000 /?p=2543 Lire la suite Lire la suite

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Pour dire Non au génocide du peuple Palestinien,

Non à la dernière née des lois racistes et xénophobes, dite loi Darmanin, et à la fascisation capitaliste et de l’Etat,

Non aux frontières, en solidarité avec les migrants, le peuple palestinien et tous les opprimé.e.s quelles que soient leurs origines, pour l’émancipation,

Soyons nombreux.ses a nous rassembler :

Vendredi 22 décembre à 17 h

et pendant quelques heures alors n’hésites pas à nous rejoindre à 18h et +

rdv Rond point Pyreval à Pamiers
(sortie rocade direction Mirepoix, La Tour du Crieu, Pamiers, Intermarché).

 

plus d’infos semaine après semaine sur https://couserans-palestine.fr/

FORCE, RAGE & SOLIDARITÉS!!!

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